dimanche 1 mars 2026

Tankas

Tankas réguliers et autres Tankas … fibonacciens (oulipiens ?)


Ce que j’ai écrit, précédemment, à propos du Haïku OuLiPien Généralisé ou HOG est aussi valable pour le Tanka.

Rappelons que les HOG sont des assemblages de mots qui respectent, comme le haïku francophone, la règle des nombres premiers.

Les HOG sont composés de trois vers qui comptent chacun un nombre premier de syllabes à savoir 3, 5 ou 7 pour un nombre total, lui aussi premier de syllabes. Les haïkus suivants sont donc des HOG : 5/7/5 pour 17, 5/3/5 pour 13, 3/5/3 pour 11 et 2/3/2 pour 7.


En effet le Tanka, tel que nous le pratiquons, est également régulé par les nombres premiers puisqu’il s’écrit en cinq vers de 5/ 7/ 5/ 7 et 7 syllabes pour un total de 31 syllabes.

L’auteur OuLiPien s’empressera donc d’explorer les métriques 2/3/2/ 3/3 (=13) et 2/5/2/5/5 (=19) en laissant de côté la métrique 3/5/3/5/5 puisque 21 certes impair n’est pas un nombre premier.

L'auteur du Tanka Fibonaccien s'attache à respecter une métrique basée sur les nombres appartenant à la suite de Fibonacci c'est à dire:
1/2/1/2/2 pour un total de 8 syllabes
2/3/2/3/3 pour un total de 13 syllabes
3/5/3/5/5 pour un total de 21 syllabes
5/8/5/8/8 pour un total de 34 syllabes

exemple sur une métrique régulière de Tanka
poussières d'espoir
d'une rivière fantôme
j'ai suivi le cours
dans ses méandres nombreux
mes larmes se sont taries
tanka extrait de mon recueil « Testament des Mots »

*****
exemple d'une métrique de tanka OuLiPien Généralisé qui rencontre aussi les impératifs du Tanka Fibonaccien

le temps 
d'un instant
le vent
envolés
sont mes mots
*****
autant
en emporte
le temps
éphémère
toute vie
*****


le froid est venu

de nombreux papillons noirs

hantent mon regard 

et moi sur un quai désert 

je n’attends qu’un dernier train 



tête nue

sous les cieux des dieux

je chemine

mon âme insoumise 

garde tête haute



soleil en déclin 

déjà la nuit se dépose

dans le crépuscule 

les couleurs vives s’estompent

pour se fondre dans l’obscur



le temps

d’un instant

le vent

envolés

sont mes mots



sans un mot

face à l’océan

un vieil homme

la marée des ans

l’emporte vaincu




jour des morts

quelques souvenirs

quelques fleurs

petit à petit

l’oubli fait son nid



mon reflet 

dans l'eau du ruisseau

m'interroge 

mon profond silence

pour seule réponse



feuilles mortes ~

les mots de l’automne

nous racontent

et jour après jour 

le temps nous dissout



sans regret

j’accroche mes mots 

au silence

maudits soient les mots

écrits par nos maux 



de l’angoisse 

la vive étincelle

me consume 

tout au bout du bout

tout est vanité 



un deux trois

dix mille soleils

dans le ciel

la mort en balade

trace son chemin 



dans mon rêve 

un papillon rêve 

que je rêve 

et de fleurs en fleurs 

vivent mots et vers 






garde-toi petite

de celles et ceux qui gardent

garde-toi petite

sur des chemins de traverse

écoute chanter la vie



Giverny l’été

contempler les nymphéas

du petit étang

butineurs et butineuses

festoient dans la roseraie



autant

en emporte

le temps

éphémère

toute vie



automne accompli 

les vents emportent les feuilles 

trophées dérisoires 

sous le chêne dénudé 

l'impatience des glands



lasse et solitaire 

tout au bout du brise-lames 

elle se souvient 

ses larmes lui parlent d'elle 

avant la dernière vague



passent dix lunes

la vie appelle à la vie 

son premier cri 

au bout de son sein 

une perle nacrée






printemps consommé 

peu à peu les jeunes pousses 

affranchies s'affirment 

déjà les fleurs se font fruits 

et nos filles se font femmes


© jean luc werpin 2020-2025

les quatre derniers sont extraits 

de la revue du Tanka Francophone n° 40 & 42

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666 …

cette goutte de pluie           sur le bout de mon nez                    ~ épave d’un nuage 666  © jean luc werpin 19/04/2026