lundi 6 juillet 2026

Vieil essai de Tanka …

regardez mes mains
je n'écris plus sur les murs
les mots de mes rêves
regardez mes lèvres closes
je ne crie plus mes colères
© jean Luc Werpin 20xx

Haïku ! … qui sait

les mots ne disent pas
les choses ~ ils colportent 
leurs légendes 

© jean luc werpin 2020/2026
simplement une autre disposition

dans mes poubelles

une vieillerie datant de 2020 et que je n'ai pas conservée pour mon recueil "Les Fines Rides du Temps" mais que je viens de réviser

chante un coq
dressé fier
sur son tas de fumier
il est bien bas
son tas
il est bien petit
son tas
il est malodorant
son tas
mais 
peu lui importe
son tas est son tas
et il chante
sur son tas

© jean luc werpin 2020/2026

encore une vieille chose ...

... dans un carnet non daté 


dans un pré encor’ vert

j’ai cueilli un brin d’herbe

un brin d’herbe à rêver

et me voilà rêveur

rêvant d’herbe à rêver


© jean luc werpin 2OXX

toujours dans mes poubelles ... 06/07/2020

Un premier jet, laissé là, avant d'être repris, complété et intégré dans "Les Fines Rides du Temps"



demain

demain est un autre jour 

un autre jour

semblable à tous les autres jours

un autre jour ordinaire 

un jour ordinaire 

comme hier

car hier aussi 

est un jour ordinaire 

comme avant-hier

car avant-hier aussi 

est un jour, ordinaire 

tout aussi ordinaire...


************** 


demain

demain est un autre jour 

un autre jour

semblable à tous les autres jours

un jour ordinaire 

un autre jour ordinaire 

comme hier

car hier aussi est un jour ordinaire 

comme avant-hier

car avant-hier aussi 

est un jour ordinaire 

tout aussi ordinaire 

que tous les jours ordinaires 

d'avant avant-hier


demain est 

comme aujourd'hui

comme hier et avant-hier 

et avant avant-hier

aussi

un jour ordinaire 

que l'on retrouve chaque lendemain

à demain donc


© jean luc werpin 2020/2021

Les Fines Rides du Temps Jacques Flament Editions

.

pérégrination d'un Haïku

Un dernier extrait de mon recueil Testament des Mots publié chez Jacques Flament Editions, recueil actuellement indisponible.

La mouche évoquée a connu quelques péripéties tout au long de sa brève vie. D’abord avec ce haïku :

papier encollé ~
d’une grosse moche mouche
le calvaire

… avant que je n’allonge la sauce pour obtenir :

un matin
j'ai écrasé une mouche
une moche mouche
une grosse moche mouche
que c'est moche
une grosse moche mouche écrasée

Testament des Mots © jean luc werpin Juillet 2024

dimanche 5 juillet 2026

vendredi 3 juillet 2026

Pour un trident à la manière de Jacques Roubaud

Le faiseur de haïku que je suis a pris une grande claque en découvrant les «tridents» de Jacques Roubaud. C’est une forme mémorisable, et qui se fait geste quotidien : poèmes de notation, de sensation, de réflexion, de souvenir. Poème de la réduction extrême et pour moi un Haïku d’ici.

. syndrome grippal
⊗ la canicule
c’est cela aussi


© jean luc werpin 03/07/2026
pour un trident à la manière de Jacques Roubaud

mercredi 1 juillet 2026

Même elles …

pâture en été ~
même les mouches à merde 
cherchent un peu d’ombre

© jean luc werpin 01/07/2026

lundi 29 juin 2026

mono no aware

quête de l’absent ~
dans ces temples en ruines 
ne voir que lierre et pierres

© jean luc werpin 30/06/2026

Ceci nest pas mon anniversaire ...

Don Quichotte est mort, je le pressentais depuis bien longtemps mais aujourd’hui, je le sais ! Je le sais car j’ai, enfin, enterré ce matin, son encombrant et pourrissant cadavre. Me voici redevenu innocent, émerveillé par tout, pareil à l’enfant qui vient de naître,libre d’aimer et de partager en liberté non surveillée.

Haïbun peut-être … ou peut-être pas ! Mais qu’importe car cette première tentative, dans un genre que je n’ai jamais pratiqué, est aussi la dernière. Après dix passés à rassembler et assembler les mots les plus divers de multiples manières et parfois les plus improbables, j’ai choisi d’écrire en quelques syllabes, leur testament.

jour d’anniversaire
~ je contemple d'un œil neuf
la rue Montorgueil

haïbun © jean luc werpin 30/06/2026

… et mon commentaire en réponse à une lectrice : oui c’est peut-être une astuce … ou pas ! Regarder le tableau de Monet d’un œil neuf peut aussi signifier qu’après dix ans d’écriture, je suis arrivé à la fin de mon parcours d’auteur. Il faut relire aussi chaque mot de tout le Haïbun. Et d’ailleurs si j'avais belle plume, ai-je un jour écrit, je vous fréquenterais, méprisant plein de morgue; si j'avais belle plume, je vous distillerais mes avis et sentences; si j'avais belle plume, je vagabonderais de cercles en cénacles; si j'avais belle plume je serais, destrier plutôt que Rossinante; hélas hélas hélas, je n'ai point belle plume pour vous offrir mes mots, car l'ordinaire en moi, ne vous y trompez pas est seconde nature.

Senryü peut-être …

plage naturiste ~
une Vénus sans fourrures
ose un chapeau

senryü (bien sûr) © jean luc werpin 29/06/2026 

vendredi 26 juin 2026

Un petit senryü…

weekend en approche
~ con centré le voisin veuf
consulte Tinder
senryü (bien sûr) © jean luc werpin 26/06/2026

mercredi 24 juin 2026

Un livre utile ... HAÏKUS des CINQ SAISONS

Après avoir évoqué pour vous le Saijiki Francophone, j’ai souhaité vous parler d’un petit ouvrage signé Alain Kervern. Il s’agit d’un «mini saijiki» titré Haïkus des cinq saisons, regroupant des haïkus choisis, traduits et présentés par l’auteur. Et cerise sur le gâteau, il est merveilleusement illustré par Tanigawa Nagaïshi.
Variations japonaises sur le temps qui passe
Texte de la préface de l’ouvrage par Alain Kervern
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Qu'est-ce qu'un haïku? C'est, en quelques mots, la saisie poétique dans l'instant d'un événement personnel, si modeste soit-il. Le haïku nous apprend souvent à ressentir ce qui est devenu invisible aux yeux de tous.
La tradition littéraire japonaise a codifié ce mode d'expression en quelques règles simples : dix-sept syllabes, une césure dans le corps du poème, de la légèreté, même si l'on traite de choses graves, et surtout une allusion saisonnière, le « mot de saison ». Celui-ci peut-être considéré comme l'essence de ce court poème. En effet, si l'émotion saisonnière se vit dans l'instant, elle s'enrichit sans cesse de réminiscences littéraires depuis plusieurs siècles.
Satô Kazuo qui fut l'un des meilleurs observateurs du développement de ce genre poétique à l'étranger, constate :
« Concernant le haiku, le point fondamental de divergence entre Japonais et étrangers demeure le concept même de mot de saison. Pour nous Japonais, l'almanach poétique, ce document qui répertorie les différents mots de saison, constitue un élément fondamental pour comprendre ce qu'est un haiku»!
Comment écrit-on des haïkus au Japon ? Le novice s'inscrira dans un club où il fera l'apprentissage de cette expression poétique sous la direction d'un maître reconnu.
Il rentrera chez lui avec des exercices à faire, muni de quelques consignes simples, notamment en ce qui concerne le fameux « mot de saison ». S'il doit ainsi composer, pour la séance suivante, trois haïkus sur le thème de la « lune d'automne » il consultera son « saïjiki », véritable almanach poétique qui constitue un référentiel précis pour connaître la portée de chaque « mot de saison ».
Ainsi, à la page concernant la « lune » dans la section
« Automne » de son almanach, notre apprenti en découvrira les 54 variantes : ses différents quartiers (jôken), ainsi que des images métaphoriques pour la décrire : « l'arc de la lune » (tsuki no yumi), « la barque de la lune » (tsuki no fune), « le sabre de la lune » (tsuki no ken)... Puis il mesurera l'importance de ce thème en poésie classique et les apports qu'au cours de l'histoire, différents poètes de renom auront ajoutés pour chanter la « lune d'automne ». Enfin, il trouvera à la fin de cette rubrique une cinquantaine de haïkus composés par des poètes célèbres. Fort de ces repères littéraires et techniques, il pourra alors s'essayer à la composition de ses trois poèmes pour les soumettre ensuite à l'appréciation de son mentor.
On peut aisément imaginer l'importance de cet almanach poétique, véritable mémoire de la sensibilité esthétique japonaise. C'est ce que définit dans un récent ouvrage Augustin Berque, un des plus fins connaisseurs de cette culture : « La sensibilité avec laquelle la culture japonaise a détaillé les variations de son propre milieu est effectivement hors du commun, comme en témoignent par exemple les milliers de termes des saijiki, ces recueils des "mots de saison" qui sont aussi nécessaires aux haikus que la structure sujet-verbe-complément l'est à une phrase en français»?
Comment est constitué cet almanach? Il est généralement composé de cinq parties : les quatre saisons et le Nouvel An.
Pourquoi une cinquième saison ? Parce que le passage d'une année à l'autre constitue en Extrême-Orient le moment le plus important du calendrier. Au-delà de son rôle technique pour la pratique des amateurs de haïkus, l'almanach poétique possède aussi une véritable fonction encyclopédique, sans compter son rôle de « veille écologique » auprès du grand public japonais.
L'objet de cet ouvrage est de faire découvrir au lecteur francophone comment l'âme des saisons se cache dans les «mots-clés » qui prennent corps dans les haïkus pour exprimer les variations infinies de l'année japonaise.
(1) Satô Kazuo « Umi wo koeru haïku » (Le haïku au-delà des mers), page 235,
Maruzen Éditions Tôkyô, 1991
(2) Augustin Berque « Fûdo, le milieu humain », page 27,
CNRS Éditions, Paris 2011
Dans les exemples de haïkus, les dates de naissance et de mort n'apparaissent pas pour les jeunes poètes contemporains.
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Quest …

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