lundi 2 mars 2026

brimborion …

noir brillant
sous un soleil de printemps
un choucas
© jean luc werpin 02/03/2026

dimanche 1 mars 2026

un autre 5/7/5

premier jour de mars ~
quelques abeilles butinent
les fleurs d’un prunus

5/7/5 © jean luc werpin 01/03/2026

Tankas

Tankas réguliers et autres Tankas … fibonacciens (oulipiens ?)


Ce que j’ai écrit, précédemment, à propos du Haïku OuLiPien Généralisé ou HOG est aussi valable pour le Tanka.

Rappelons que les HOG sont des assemblages de mots qui respectent, comme le haïku francophone, la règle des nombres premiers.

Les HOG sont composés de trois vers qui comptent chacun un nombre premier de syllabes à savoir 3, 5 ou 7 pour un nombre total, lui aussi premier de syllabes. Les haïkus suivants sont donc des HOG : 5/7/5 pour 17, 5/3/5 pour 13, 3/5/3 pour 11 et 2/3/2 pour 7.


En effet le Tanka, tel que nous le pratiquons, est également régulé par les nombres premiers puisqu’il s’écrit en cinq vers de 5/ 7/ 5/ 7 et 7 syllabes pour un total de 31 syllabes.

L’auteur OuLiPien s’empressera donc d’explorer les métriques 2/3/2/ 3/3 (=13) et 2/5/2/5/5 (=19) en laissant de côté la métrique 3/5/3/5/5 puisque 21 certes impair n’est pas un nombre premier.

L'auteur du Tanka Fibonaccien s'attache à respecter une métrique basée sur les nombres appartenant à la suite de Fibonacci c'est à dire:
1/2/1/2/2 pour un total de 8 syllabes
2/3/2/3/3 pour un total de 13 syllabes
3/5/3/5/5 pour un total de 21 syllabes
5/8/5/8/8 pour un total de 34 syllabes

exemple sur une métrique régulière de Tanka
poussières d'espoir
d'une rivière fantôme
j'ai suivi le cours
dans ses méandres nombreux
mes larmes se sont taries
tanka extrait de mon recueil « Testament des Mots »

*****
exemple d'une métrique de tanka OuLiPien Généralisé qui rencontre aussi les impératifs du Tanka Fibonaccien

le temps 
d'un instant
le vent
envolés
sont mes mots
*****
autant
en emporte
le temps
éphémère
toute vie
*****


le froid est venu

de nombreux papillons noirs

hantent mon regard 

et moi sur un quai désert 

je n’attends qu’un dernier train 



tête nue

sous les cieux des dieux

je chemine

mon âme insoumise 

garde tête haute



soleil en déclin 

déjà la nuit se dépose

dans le crépuscule 

les couleurs vives s’estompent

pour se fondre dans l’obscur



le temps

d’un instant

le vent

envolés

sont mes mots



sans un mot

face à l’océan

un vieil homme

la marée des ans

l’emporte vaincu




jour des morts

quelques souvenirs

quelques fleurs

petit à petit

l’oubli fait son nid



mon reflet 

dans l'eau du ruisseau

m'interroge 

mon profond silence

pour seule réponse



feuilles mortes ~

les mots de l’automne

nous racontent

et jour après jour 

le temps nous dissout



sans regret

j’accroche mes mots 

au silence

maudits soient les mots

écrits par nos maux 



de l’angoisse 

la vive étincelle

me consume 

tout au bout du bout

tout est vanité 



un deux trois

dix mille soleils

dans le ciel

la mort en balade

trace son chemin 



dans mon rêve 

un papillon rêve 

que je rêve 

et de fleurs en fleurs 

vivent mots et vers 






garde-toi petite

de celles et ceux qui gardent

garde-toi petite

sur des chemins de traverse

écoute chanter la vie



Giverny l’été

contempler les nymphéas

du petit étang

butineurs et butineuses

festoient dans la roseraie



autant

en emporte

le temps

éphémère

toute vie



automne accompli 

les vents emportent les feuilles 

trophées dérisoires 

sous le chêne dénudé 

l'impatience des glands



lasse et solitaire 

tout au bout du brise-lames 

elle se souvient 

ses larmes lui parlent d'elle 

avant la dernière vague



passent dix lunes

la vie appelle à la vie 

son premier cri 

au bout de son sein 

une perle nacrée






printemps consommé 

peu à peu les jeunes pousses 

affranchies s'affirment 

déjà les fleurs se font fruits 

et nos filles se font femmes


© jean luc werpin 2020-2025

les quatre derniers sont extraits 

de la revue du Tanka Francophone n° 40 & 42

samedi 28 février 2026

Classique … un 5/7/5

vents de février ~
des pétales de prunus
déjà dispersés

二月の風梅の花弁はもう撒かれ traduction  美音訳


5/7/5 © jean luc werpin 27/02/2026

mercredi 25 février 2026

Micro Trident … avant que …

mes pas 
             guident
mes mots

ce micro trident en cinq mots et cinq syllabes a évolué au fil des heures pour devenir un 3/6/3 

sans mot dire
mes pas guident mes mots 
                            pas à pas

© jean luc werpin 26/02/2026

mardi 24 février 2026

Encore un 5/7/5 …

que d’épais nuages ~
sous leurs reflets vieil argent
j’attends le printemps

5/7/5 © jean luc werpin 23/02/2026

dimanche 22 février 2026

HOG 11 (3/5/3)

dans les terres 
la mer est venue 
~ pluies d’hiver

© jean luc werpin 22/02/2026

un petit 5/7/5

j’ai septante-six ans
~ le fleuve à l’embouchure
s’offre à l’océan
© jean luc werpin 22/02/2026

samedi 21 février 2026

sans genre mais un 5/7/5/7/7

en cœur de cité
mes pas se sont égarés
et mes mots aussi

il n’est de paix véritable 
que dans un profond silence

© jean luc werpin 21/02/2026




Tanka … peut -être …

J’aime beaucoup cette citation d’Edmond de Goncourt à propos des estampes shunga : 

«J’ai acheté l’autre jour des albums d’obscénités japonaises. Cela me réjouit, m’amuse, m’enchante l’œil»

***
shunga d’Hokusai
attentive et rougissante
elle s’abandonne

les images du printemps
ne savent rien des saisons

© jean luc werpin 21/02/2026

mercredi 18 février 2026

extrait de mes archives …

parti puis revenu
~ les revenus répartis
déjà reparti
l’immigré © jean luc werpin 2019

haïku républicain …

dernier mois d’hiver
et pour Fabre d’Eglantine
les vents sont venus
5/7/5 © jean luc werpin 16/02/2026

N.B. : Fabre d’Eglantine fut guillotiné avec Danton le 5 avril 1794 (16 germinal an II).

quelques petites assemblages de mots …

noyée
sous la pluie ~
la source
***
nuit sans lune 
~ plus dense l’épaisseur 
du noir
***
arbres nus
seul le gui
les honore
carré 3
Pour rappel un carré 3 est un poème de 3 vers de trois syllabes, la présente disposition montre bien les 3 séquences de ce poème qui pourrait aussi être proposé en monnostiche !
***

© jean luc werpin 18/02/2026

Avant les quarante jours du carême, un petit sourire mécréant ...

mercredi descendre
la poubelle ~
mercredi des cendres
trident mécréant © jean luc werpin 18/02/2026
Ce trident mérite quelques explications. Il s’inscrit, fort modestement, dans la démarche initiée par Hervé Le Tellier, prix Goncourt 2020 et OuLiPien patenté et de haut vol.
C’est à lui que l’on doit le sourire de ce « haïku cul la praline » :
mon petit garçon
tu es mon petit garçon
mon petit garçon

brimborion …

noir brillant sous un soleil de printemps un choucas © jean luc werpin 02/03/2026