Georges Bonneau a exposé ses principes de traduction dans une conférence publiée sous le titre Le problème de la poésie japonaise, technique et traduction.
Ils peuvent se résumer à quatre règles :
1- Rechercher et respecter le sens ;
2- Respecter l'ordre des mots ;
3- La poésie japonaise étant syllabique, respecter dans la traduction le nombre de syllabes de chaque vers ou, si c'est impossible, la proportion entre le nombre de syllabes de chaque vers ;
4- En présence d'un procédé de technique, ne jamais négliger de le rendre par transposition.
D’après Georges Bonneau in préface de l’anthologie de la poésie japonaise parue aux éditions À l’Enseigne du Pot Cassé
Extrait un de l’anthologie de la poésie japonaise
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LE DODOITSU PAYSAN
Ou poème de vingt-six syllabes
Vers quatre heures du matin, j'arrache
Les mauvaises herbes de la rizière...
Mais qu'est ceci : rosée de la plaine,
Larmes de peine ?
Je me couche, tombant de sommeil ;
Dès le soir, je me couche, mais
Les herbes que le matin, chaque matin, je coupe,
En rêve, je les coupe encore !
À la Fête des Morts, nous danserons ;
Au nouvel an, nous nous coucherons ;
Au long de l'été, nous arracherons
Les mauvaises herbes !
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FORMES LIBRES DÉRIVÉES DU DODOITSU PAYSAN
Qu'il pleuve
Ou que le soleil brûle,
Au milieu des rizières,
Courbés-courbés,
Les paysans passent leurs journées:
Maître,
Pensez à leur peine !
Quand au coucher du soleil,
Sur la plage je passe,
Hé ! Il y a un pluvier qui chante,
Un pluvier qui chante !
Hé ! Chante, chante,
Pluvier,
Que nous comparions nos voix,
Comparions nos voix !
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LE DODOITSU SAVANT
Ne te plains pas ainsi : j'aurais
La nostalgie de ma Capitale...
Ne te plains pas ainsi, coucou
De la province!
En tempête, les vagues furieuses
S'avancent, se retirent,
S'avancent encore, se retirent,
Et de nouveau s'avancent.
Extrait deux de l’anthologie de la poésie japonaise
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LE SHINTAISHI
Ou rythmes libres contemporains
Shimazaki Tôson
Printemps, où es-tu ?
À l'ombre du brouillard pousse germée,
Naguère, le saule en fil : voyez,
Maintenant, les petites ténèbres que fait l'arbre !
Ah, éphémère
Printemps, où es-tu ?
Fière de sa couleur, la tendre verdure,
Fière autrefois que sa jeunesse durait :
Maintenant, touffue, herbe d'été devenue !
Ah, éphémère
Printemps, où es-tu ?
Et toi, prunier, et toi, cerisier, tout métamorphosés,
Vos branches maintenant sont vin de verdure:
Songe d'été défaillant d'ivresse!
Ah, éphémère
Printemps, où es-tu ?
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